Stratégie

Covid 19 : 4 questions à Yvan Schaepman, Boortmalt CEO

Article publié le 12/06/20 à 14:44 par Leo

Quel est l’impact de la crise Covid-19 sur vos activités ?

Nous avons ajusté notre production de malt en fonction de la demande de nos clients. Celle-ci a diminué suite à la fermeture des CHR (Cafés-Hôtels-Restaurants) décrétée afin de combattre la pandémie de covid-19. L’annulation des grands évènements culturels et sportifs a aussi contribué à cette baisse de consommation de bière et donc de malt.

D’avril à octobre, nous estimons la baisse de consommation de malt à environ 25%-30%. Cela correspondrait sur une année entière à une baisse de -10% à -15% de l’activité.

Par rapport à d’autres secteurs économiques, les industries agro-alimentaires dont Boortmalt fait partie, sont relativement moins impactées.

Sur le plan industriel, quelles mesures avez-vous prises face à cette crise ?

Certaines unités de production sont à l’arrêt pour un temps court afin d’ajuster nos capacités de production industrielles à la demande réelle de malt. Nous ne cherchons pas à augmenter d’avantage nos stock de malts qui sont déjà relativement importants. Les bières non consommées pendant cette période de confinement ne seront pas consommées plus tard. Il n’y aura pas d’effet de « rattrapage » de la consommation.

Nous profitons de ces ralentissements pour effectuer des réparations et de l’entretien dans nos malteries. Nous faisons également appel, pour une partie du personnel, aux aides temporaires que proposent les différents gouvernements des pays dans lesquels Boortmalt opère.

 

La logique de l’acquisition de Cargill Malt est-elle remise en cause ?

Non, la logique de l’acquisition de Cargill malt n’est pas remise en cause, elle est toujours au cœur de notre stratégie. Celle-ci s’appuie sur la très forte complémentarité des actifs de Boortmalt et de Cargill malt. Avec cette empreinte totalement mondiale, il est enfin possible pour Boortmalt de livrer localement tous ses clients tout en continuant depuis l’Europe, l’Australie, l’Amérique du nord et l’Amérique latine à exporter là où cela fait du sens. Les fondamentaux de cette acquisition restent très forts et très actuels.

 

Y a-t-il des signes de reprise de la demande brassicole ?

Il est encore trop tôt pour confirmer une reprise de la demande brassicole. Les CHR re-ouvrent tout juste dans quelques pays alors que dans beaucoup d’autres ils sont encore fermés. De notre point de vue, un retour à des niveaux d’activités d’avant la crise du covid-19 est possible. Ce qui reste encore difficile à estimer c’est le temps que prendra ce rétablissement.